jeudi 5 octobre 2017

Fucking Fabulous Tom Ford


Photo Perso - Boutique Tom Ford Milan


Tom Ford n'est plus à présenter.
Il a réussi a révolutionné en 10 ans la traditionnelle parfumerie telle qu'on la connue.
Avec sa gamme exclusive "Private Blend" lancée en 2007 il a proposé à la haute parfumerie une nouvelle orientation et une nouvelle identité qui a inspiré pas mal d'autres marques.
Sans Tom Ford, l'Artisan Parfumeur aurait gardé ses couleurs.
 
Pour son nouveau coup de maître, le désigner donne au concept de fashion victim un petit frère: le perfume victim.
 
Sa nouvelle eau de parfum "Fucking Fabulous"  jouit d'un buzz sans précédent.
(Pour des raisons de sensibilités publiques ce parfum ne sera pas commercialisé dans les corners des grands magasins mais seulement dans les boutiques du créateur).
 
Affriolée par le scandale naissant une clientèle du Moyen Orient se presse devant les boutiques européennes du couturier, prend des selfies avec le flacon noir mat et achète à coup de 5-6 pièces ce nouvel objet du pêché. La note du parfum semble bien secondaire.
L'essentiel étant de faire sienne l'essence insolente du designer.
Des quadras bien tassés et bariolés de marques italiennes au goût très sûr s'affolent devant les vitrines de la marque pour s'offrir le précieux flacon. Un peu comme une mannequin devant un cheesecake, leurs yeux brillent et on bavarde sur les anecdotes du parfum (ils en savent plus que les vendeurs de la marque). Ils demandent pudiquement à sentir "Fabulous", circoncisant soigneusement tout ce qui fait l'intérêt du titre.
Le spectacle se situe plus tard sur leurs mines dépitées quand on leur dit que le parfum est victime de son succès et que les stocks sont à sec. Il faudra donc repasser la semaine prochaine ou, pire, s'inscrire sur la liste d'attente déjà tristement longue.


Les chanceux possesseurs du parfum, auréolés de leur succès rentrent chez eux, le sourire aux lèvres, fiers de ramener dans leurs valises un exemple de décadence américaine (un peu comme un magazine clandestin de Playboy ou un sextoy tentaculaire).
Le frisson de l'interdit alimentera les conversation et les convoitises lors de soirées entre amis parfumistas.
 
Putain c'est fabuleux!
Croyez-moi, c'est écrit sur le flacon.
 
L'ouverture fait penser à un accord de cuir souple, de daim dans la lignée de Cuir d'Ange d'Hermès. On aurait pu s'attendre à une resucée de Tuscan Leather ou encore d'Ombre Leather 16, mais cette fois la note cuir est plus nuancée moins isobutyl quinoléine (molécule de synthèse qui sent le linoléum), moins fruitée-boisée mais davantage fumée.
Ensuite, le parfum prend une nouvelle tournure et opte pour un caractère plus gourmand fondant sur un accord en massepain/tonka et légèrement lacté-noix de coco. (Petit clin d'œil à Tobacco Vanille?).
L'impression d'ensemble est jolie, assez unisexe et bien balancée entre les inflexions fumées-cuirées et les touches balsamiques. Le parfum rappelle (sur la peau) le très musqué Body Kouros.
Avis donc aux amateurs.
 
En fin de compte voilà le quizz du jour:
  1. Il me faut ce parfum parce que j'aime l'audace de Tom Ford. En maestro du marketing et roi de la provoc' il a les couilles de proclamer un tel nom et ose ébranler les codes. Personne d'autre n'aurait pu provoquer un tel scandale.
  2. Il me faut ce parfum parce que je ne peux pas sentir que bon, je veux aussi sentir "fabulous"!
  3. Il me faut ce parfum parce que "fuck" fait partie courante de mon vocabulaire et que je ne parle de parfums qu'avec des mots fleuris. Exemple: Donna Karan fait des parfums "Fucking Delicious", Fréderic Malle a un Oud "Fucking Sumptuous"... Les gammes exclusives de Prada et Bottega Veneta sont "Fucking Awesome", et  Dior Sauvage est "a Fucking Blockbuster"!
  4. Fuck is the new black.
 
Et vous, prêt à tout pour un flacon d’ivresse ?

1 commentaire:

  1. Mais qui sortira celui dont a vraimentbesoin "please fuck me!"?
    #bitch

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