vendredi 7 septembre 2012

Happy Birthday l’Heure Bleue !

1912-2012
Pyramide: Ylang, bergamote, néroli, orange, géranium, estragon, rose, jasmin, iris, baumes Pérou et benjoin, tonka, fleur d’oranger, vanille, muscs…
Jeunesse éternelle et ode au crépuscule à l’heure où le ciel change de couleur quand le soleil rase l’horizon. L’air se farde d’une lueur bleue.
Une diffusion d’ondes électromagnétiques qui étrangement donneront toute sa poésie au parfum.
L’Heure Bleue est née 6 ans après Après l’ondée dont il tire une partie de son patrimoine. 

Pourtant, j’ai toujours établi un lien entre L’Heure Bleue et le N°5 (même si une décennie les sépare), pensant que le second reprenait le schéma du premier en le mutilant de ces nouvelles molécules révolutionnaires : les aldéhydes, qui crépitent en tête et qui procurent au parfum une puissance inouïe (une petite odeur de poudre ou de savonnette aussi).
Et, aussi étonnant que cela puisse paraître, ils ont des tas d’éléments en commun ; l’ylang, la note épicée d’œillet, les absolus de jasmin et de rose, la chaleur biscuitée de la tonka, le moelleux des méthylionones, les baumes, le vétiver…
Il a traversé le siècle avec panache sans grands dommages (hormis un léger lifting de mise aux normes).
Il garde toujours son aura chaleureuse, son ouverture légèrement médicinale et aromatique, son coeur de mimosa brun, ses fleurs d’oranger animales et miellées (cire d’abeilles), ses baumes fondants et cette pâtisserie que seul Guerlain rend digeste et délicieusement addictive : la guerlinade.

L’Heure Bleue est depuis 100 ans au catalogue Guerlain, c’est dire qu’il a toujours ses favorites qui lui vouent un culte, celui du premier amour.
Joyeux anniversaire l’Heure Bleue !
A cette occasion Guerlain édite un coffret collector contenant l’extrait originel + 3 autres nouvelles créations Aurore, Zénith et Crépuscule.

J’y reviendrai bientôt.
Photo et logo Guerlain

Le Jeudi 20 Septembre, à Neuilly, se tiendra une conférence S.F.P (Société Francaise des Parfumers) sur le centenaire du parfum.
Conférence animée par la responsable de la formation GUERLAIN

jeudi 6 septembre 2012

Guerlain - special guest




 C’est le mois Guerlain sur Empty Bottle avec les 100 ans de l’Heure Bleue
(de nombreux posts à paraître...)

A suivre.

mardi 28 août 2012

Amazingreen - Comme des garçons

Photo Comme des garçons
CDG continue sa quête des merveilles.
Après  888 tout d’or liquidescent, et Wonderwood célébrant les notes boisées et la richesse de la parfumerie synthétique, la marque présente un parfum feuillage.
CDG n’est pas une marque conventionnelle, c’est avant tout une espèce de laboratoire de tendances où l’on essaye de faire rentrer des cubes là où on s’attend à trouver des trous ronds.
C’est conceptuel.
Chacun est libre d’y adhérer ou de passer son chemin, de crier au génie ou à l’ennui.
Pour cette nouvelle senteur, on imagine une explosion de chlorophylle, un coup de fouet galbanumisé genre Vent Vert sur un tronc diaphane de batavia ou encore un encens-lentisque de Untitled de Martin Margiela.

Nada.
Pourtant, contrairement à son nom, Amazingreen n’est pas aussi vert que prévu. 
Je m’explique.
La note verte espérée n’est pas acidulée, grinçante ou végétale-légume. 
C’est une gouttelette émeraude qui vient juste troubler la surface de l’eau. Pas l’ombre d’une chambre froide de fleuriste, pas d’ananas de Black XS l’Excès pour Homme ou un trip en pirogue dans les marécages d’Amazonie.

Amazingreen est une eau claire, épicée où une peau de pomme granny rencontre un pamplemousse blanc et juteux.
Cette verdeur prend une nouvelle tournure au vue d’un cœur conifère-cédré (incontournable Iso-E super) puis santalé et fumé. Une touche de jasmin blanc prolonge l’effet.
La transparence du thé fumé, un Darjeeling grand cru roulé dans le cuiré d’une feuille de tabac, peut-être.
Cette nouvelle note "evergreen" est bien plus sourde, comme si elle naviguait en souterrain tout au long de la formule en apparaissant çà et là en fonction de l’évolution du parfum en enrobant certaines de ses consœurs.
Une nouvelle molécule qui reproduirait l’empreinte olfactive épurée du galbanum?
On peut lui trouver une filiation à la transparence des jardins d’Hermès par Ellena, l’imaginer dans le départ de Déclaration, dans un souffle épicé clean de Marc Jacobs Bang ou dans le boisé aéré et paisible du Fleur de Liane de l’Artisan.

mercredi 22 août 2012

La vie est belle - Lancôme

Photo Lancôme
Bye bye morosity.
C’est toute l’histoire de nos vies. Crise ou pas crise, il est essentiel de toujours viser le bout du tunnel.
Et au bout du tunnel ?
La resplendissante Julia nous attend avec dans chaque main 1 pilule : l’une rose bonbon pour nous promettre que « La vie est Belle ». Waouh !
L’autre pilule est noire siglée de jaune nucléaire. Elle interroge : en quoi la vie est belle ?
Au choix.
Le nouveau Lancôme est déjà, ou fraîchement sorti, en parfumerie qu’il déchaîne toutes les passions, les questions et des indignations.
Une sorte de buzz involontaire autour de cette nouveauté.
On en oublierait presque le sourire de Julia Monalisa Roberts.
Sourire qui rappelle au passage celui du chat du Cheshire dans "Alice au Pays dans Merveilles" tant il réussit l’exploit improbable de rallier ses deux oreilles avec le plus de glamour possible.
Tout a été dit sur ce parfum, mais c’est surtout le pire qui alimente les commentaires.
Oui, La Vie est Belle est un parfum fruité et gourmand.
Oui, il est puissant et diffusif.
Oui, il en évoque tant d’autres.
Curieux et in love de l’iris, il m’a fallu un peu de temps avant de percevoir un des éléments clés du parfum et dont le marketing vante les beautés : la concrète d’iris pallida.
C’est en le comparant avec ses ainés (Flowerbomb dont il tire 50% de sa paternelle praline patchoulisée et Lady Million pour ses facettes ozoniques et intensément boisées - Armani Code aussi ?) que la révélation s’est produite : un iris pointe son nez.
Il est là en départ, l’iris végétal, légèrement épicé-carotte bien planqué derrière la barbe cristallisée de la note praline (ethyl maltol). Il s’estompe lentement et laisse entrer ensuite un bouquet boisé complexe (patchouly et autres bois secs) qui soutient la charpente pâtissière. Ils mettent en lumière une très belle molécule de synthèse : le cashmeran à l’effet boisé épicé doux qui évoque une très noble qualité de vétiver vraiment classe contrastant devant tant de calories.
Alors, pourquoi seulement 2 pilules quand on peut avoir un paquet entier de Dragibus?

mardi 14 août 2012

Coco Noir Chanel - Révélations

Photo Chanel

J - 3

Chaque lancement d’un féminin chez Chanel tient du sacré, tous les "Chanelovers" le savent.
La famille Allure a inversé le processus de la peau de chagrin.
Coco a dorénavant sa trilogie.

Coco Noir est un enfant légitime du Coco (1984) dont il assume la filiation.
Le premier Coco est un oriental baumé et épicé (piment, coriandre, cannelle, cyprès... comme un Opium tubérosé).
Sa petite sœur, Mademoiselle (2001), est un néo-chypre frais et fruité.
Le tout nouveau bébé est un floriental boisé. La boucle est bouclée.
Coco Noir swingue entre les tonalités sèches d’un accord chypre et les facettes d’un oriental extra dry. Il survole les écueils des coulis collants et pose ses accords boisés doux à la limite d’un patchouly brut de cacao van-houtenisé et d’une praline diet.
Le départ est néanmoins plus frais, plus citrus lumineux et j’y perçois une note de cèleri et de calone (cette molécule qui rafraîchit et éclabousse tout son entourage tout au long de l’évaporation).
Le cœur s’exprime autour d’un accord œillet épicé suave + ylang et jasmin.
Mais le final est une exquise expérience qui s’annonce dès le cœur : un patchouly d’une finesse égale au molosse de Coromandel (sans doute une nouvelle extraction au Co2 ou patchouly heart).
Ensuite, la trame boisée dévoile un vétiver (tout aussi fractionné et aéré) avant de fondre dans un final poudré entre santal moelleux et mousse cristallisée.
On y reconnaît les belles matières de la maison et quelques touches aperçues ci et là dans l’ossature d’Allure Sensuelle (pour le boisé androgyne) et Coco Mademoiselle (le fruité abricot-pêche).
Rien à (re)dire.
Un nom suffit. Chanel

mardi 7 août 2012

Rose Etoile de Hollande - Mona di Orio



Collection "Les Nombres d'Or"

Mona avait en tête un parfum à la rose depuis son entrée chez Art et Parfums.
Elle partageait la quête de son maître, Edmond Roudnistka, qui aurait voulu recréer le parfum d’un rosier de son jardin baptisé Rose étoile de Hollande.
Pas de headspace pour capturer son arôme mais bien le travail d’un nez virtuose qui sait lire et retranscrire les accords secrets de Dame Nature.
Ce dernier parfum de la collection "Les Nombres d'Or" n’est pas un parfum à la rose.
Rose étoile de Hollande n’est pas un soliflore à proprement parlé, il ne sent donc pas que la rose.
Le talent de Mona a été d'élaborer un parfum qui sublime les pétales rouges grenat de ce fameux rosier.
(Pour son Oud majestueux, elle a su réinventer le genre et lui donner une richesse et un sillage inouï.)

Mona habille et cisèle chacun de ses accords, comme un joaillier utilisant des matériaux premium dans des propositions parfaites. Elle avance à pas de velours entre chaque note pour en faire une bulle où rien de chahute et où tout se combine en harmonie.
Chaque gemme a son  rayonnement et sa place dans la parure.
La bergamote se verdit d’une note croquante et acidulée de rhubarbe et d’herbe coupée. Ces dernières sont relayées par une touche aldéhydée de C11 pour ensuite piquer le cœur de rose (essence et absolues). Il y’a dans ce parfum ses matières récurrentes et fétiches qu’elle détourne et rééquilibre (essences de cèdres, d'épices et autres délicatesses synthétiques au nom de jasmonal H; acetate de styrallyle, cis-jasmone ou encore helional...).
D’emblée ils signent la maternité du parfum: le style singulier de Mona.
De la rigueur, énormément de travail et retravail de formules, de la finesse, de l’élégance et avant tout + ce petit "je ne sais quoi" qui rend tellement unique chacune de ses oeuvres.
Les yeux fermés sa signature se distingue.
Pourtant ce parfum explore une facette inédite et chyprée qui n'a jamais été aussi flagrante dans les autres créations de l’Artiste. L’eau de rose, tendrement fruitée, donne transparence et légèreté au parfum avant de se réchauffer peu à peu. Les notes poudrées d’heliotropine joignent en coeur un absolu jasmin + lactone pêche pour glisser lentement la structure vers un accord chypré (patchouly-mousse-résines et labdanum) que l’on n’avait pas vu en parfumerie depuis Dior-Dior et Diorella (tous 2 signés Edmond Roudnitska).
Rose est donc un parfum contrasté, racé et subtilement rétro qui oscille entre fluidité et opulence.
En créant Lux en 2006 Mona célébrait son maître; avec Rose Etoile de Hollande elle rend hommage à son style (il fut LE parfumeur qui créa les plus beaux accords chyprés de ces cinquante dernières années).
Rose Etoile de Hollande est en quelque sorte un épilogue à une histoire d’amour qui lia Mona à sa parfumerie et à Amsterdam.

J’ai toujours été bluffé par la maîtrise de son Art et l’incroyable justesse avec laquelle elle travaillait ses accords. Et il m’a toujours été difficile d’évaluer objectivement ses parfums. Je ne pouvais pas les aimer tous et pourtant j’étais à chaque fois épaté par tant de richesse, par leur aura et leur personnalité.
J’admets sans rougir que j’ai été un privilégié; côtoyer Mona fut un cadeau inestimable.
Elle m’accompagne chaque jour et nous parlons parfums.
Je rends hommage à mon amie, la Grande Mona, et je salue sa magie.

vendredi 13 juillet 2012

Coco Noir - Chanel


Mise à jour 25-07-12
Coco Noir- flacon EDP. Photo Chanel

L’univers trépigne.
Nous ne savons (presque) rien de ce nouveau lancement majeur chez Chanel.
Seules quelques fuites (fiables, via Loulou Blue*) nous ont livrées les infos que voici :
Coco Noir**

 - Lancement Europe: 17-08-2012
- Le flacon, identique au Coco originel, est entièrement noir laqué avec un effet miroir, apparemment sublime et high tech.
- La fragrance: Elle pencherait vers un twist sur les notes boisées (vétiver-santal + top mandarine) de Allure et le chypré-floral-fruité du Coco Mademoiselle...
Aucune présentation presse,  très peu d’infos en parfumerie, avant sa sortie ce qui explique le peu d’élèments à son sujet.
Il se peut que votre conseillère l’ait déjà en stock...mais chut.

A suivre...
* Fervent passionné des parfums et qui laisse trainer ses oreilles et son nez curieux là où il faut...

** ce nom me fait penser à un Rocher Suchard en variation noix de coco.
Avis aux amateurs

jeudi 5 juillet 2012

Les pipoles au parfum



Pourquoi je n'ai pas envie de sentir le parfum de Nicole Ritchie.

L'analyse kafkaïenne:
1-"mais c’est qui cette sommité, cette star galactique?"
La fille de… me dit-on.
2- "mais elle y connaît quoi en parfumitude, au juste?" Ressent-elle le frémissement de la framboise dans les émois de la fleur de Balou-bilou?

 Les simili réponses:
- Pour faire comme sa copine?
L'autre blonde au QI de jacinthe, qui s'appelle, qui s'appelle...?
Bungalow Hotel, Camping Palace, Pouf Resort...
Je n'sais plus.

- Pour décrédibiliser le marché du parfum? (déjà sacrément atteint).
- Pour mettre le parfum de son shampoing chéri «Sunset Fusion Peach Intense Blue Lagoon Honolulu Hair Sublime Elixir» dans un flacon hilarieusement hideux vendu au prix d'une belle contrefaçon?

- Ou simplement parce que j'ai déjà ma réponse.

vendredi 29 juin 2012

Acqua di Gio Essenza - La preuve par 2


Avoir le choix parmi la profusion des nouveautés "Sport" ou "Eau" du moment, est un luxe irrésistible, pas vrai ?
Alors, sautons à pieds-joints dans la mare et éclaboussons-nous des effluves estivales d'Armani.
Lancé en période de vague "marine", d'esprit du grand large, Acqua di Gio apportait en 1995 une nouvelle facette aux embruns marins, histoire de clarifier le suc des huîtres.
A la différence de New West ou de Kenzo pour Homme, la version d'Armani explore une nouvelle dimension: une fraicheur d'agrumes ensoleillés et aromatiques. Toutes les belles essences hespéridées sont présentes : citron, bergamote, mandarine, limette sur une charpente cédrée et patchouly (pour résumer).
L'effet de nouveauté lui assure un succès immédiat.
Comme CkOne, il a été copié des centaines de fois mais il demeure le seul et l'unique.
Ses accords sont concoctés par le talentissimo Alberto Morillas qui utilise des molécules exclusives secrètement conçues par la société suisse Firmenich.
Armani présente aujourd’hui son petit (grand?) frère dans un flacon transparent et en concentration Eau de parfum.

Je n’ai jamais porté le premier mais je trouve intéressant de les comparer, un peu comme on sonde les moteurs de deux belles cylindrées.
En comparant les 2 parfums:
- Essenza s’ouvre sur un accord cristallin de citrus effervescents, de fruits verts et aqueux (melon) et feuilles froissées boostées par la baie rose.
Accords posés sur un cœur floral jasminé ultra limpide et frais. (Utilisation de molécules captives dont la paradisone qui, dès la tête, accompagne avec clarté et volume toutes les autres matières). Puis, la nouvelle calone, la Cascalone*, trouve elle aussi sa place parmi les autres élements.
L'évolution du parfum est un peu plus nerveuse avec des bois secs nouvelle génération.
Des ambres amples (cetalox-ambroxan dérivés synthétiques de l'ambre gris) accompagnent les bois blonds sur un fond de mousses cristallisées (subtil effet iodé des algues sèches).
La formulation est high tech.
Sur peau le parfum est vibrant.

- Acqua di Gio paraît, pour le coup, plus technique avec son ouverture un peu brutale de dihydromyrcenol (cette note de déodorant cheap) associée à LA note marine de calone qui s'écume et qui mousse un peu trop. 
Ensuite les notes aldéhydées de mandarine et celles florales abstraites de lilial confèrent un aspect celluloïd, qui lui retire toute naturalité.
La vigueur du romarin apporte un peu de froideur à l'ensemble.
Le final est un bois vert de cèdre clair et ambroxé.

En résumé, Essenza est une nouvelle approche d'Acqua di Gio comme si ce dernier avait été un brouillon sur un exercice commencé 17 ans plus tôt et qui aurait abouti à un résultat plus mature, plus aéré, plus fin et plus nuancé aussi.
Je préfère, et de loin, cette nouvelle EDP.

Je ne porterai pas ce genre de parfum mais j'admets qu'il puisse évoquer une certaine idée de vacances et de grand air.

Reste à choisir alors entre Essenza ou Armani Code Sport Athlète...
Humons, humons, l'air du temps.

* La Cascalone est une molécule de synthèse à caractère aquatique, d'eau claire de cascade et moins iodée-salée que son ainée la Calone.

mardi 26 juin 2012

Retromania: l’avenir du vintage


Certains bloggeurs et lecteurs (que je salue au passage) se questionnent sur la notion du vintage en parfumerie.

La bataille (des fleurs) est déclarée entre les parfums d'avant et ceux d'aujourd'hui.

Comment concilier les 2?

Bientôt un post sur ce sujet (à la rentrée).

jeudi 21 juin 2012

Plus beau que moi? Tu meurs!



"Comme je suis beau!
Je suis grand, blond et californien.
J'ai le gout de l'Améwique au fond des yeux et le smile ultrabright.
Je porte des polos et des jeans baggy.
Je suis un mec cool et pas compliqué, j'aime le baseball et l'esprit d'équipe.
Été comme hiver je me balade en tong.
Sur ma peau sablée et bronzée un piège à filles et...à mecs: Fierce Cologne.

Si vous n'êtes pas comme moi, un bogoss hormoné, vous êtes OUT.
Bouhouhou, les nulards qui portent du Tommy Hilfiger".

Le message Fierce: un parfum dictat qui vous rendra plus beau, plus sexy, plus séduisant, plus, plus, plus...
Assurément.

L'illusion fait recette.
Achetez, achetez ce mirage (heu, ce parfum)!

Si vous êtes petit, brun et dodu il vous faut vite un plan B dans la vie.

dimanche 17 juin 2012

Qui se souvient 2 ?

Souvenirs, souvenirs...


Land -  Lacoste (1991)
Signé Jean Kerléo, ce boisé aromatique présente des notes d'essences de pin, d'armoise et celles épicées de bay mêlées à des touches aldéhydées pour booster ce cocktail.
Assez atypique, plutot intellectuel dans la démarche et loin des effets marines-fougères aromatiques de l'époque.
Exit le jogging en nylon, Land est un Lacoste en lin brut.




Voyageur - Jean Patou (1995)
Egalement signé Jean Kerléo, ce parfum là est une rareté dans la gamme exclusivement féminine de Patou.
Très moderne dans son utilisation des matières premières; son départ végétal cru de vert de feuilles de banane-ananas annonce un corps herbacé-frais digne de Égoïste Platinum, Cool Water ou encore XS. 
Son corps et final sont assez fidèles au schéma des fougères aromatiques (sauge, lavande, armoise, basilic, épices...) des années 80-90 (bois cédrés et mousses).
Idéal en déo ou aftershave chez Mennen. 
Le flacon posé sur un paquebot de métal, hommage au parfum "Normandy" est une merveille!

Azzaro Visit (2003)
Une explosion de bois secs + épices (baie rose, poivre, élémi) sur final encens-résineux autour d'essences de cèdres et vétiver très class.
Nerveux, sérieux, assez loin du mainstream. On retrouve ces notes boisées sèches dans le sillage de Black XS.
En ambiance, il rappelle un peu les bougies Costes ou celles de l'Artisan.

Globe - Rochas (1991)
Un parfum viril d'explorateur signé Jean Claude Ellena. On y retrouve les notes de basilic et de muscade puis les accords boisés riches (cèdre-vétiver-patchouly) de Terre. 
Globe / Terre... vous me suivez?
Ici, les accords sont fruités et baumés (fir balsam). 
Très beau flacon.
Insensé - Givenchy (1993) ♥
Une très belle surprise et un sacré parti pris pour Givenchy que de signer là un boisé-vert floral avec une touche fruitée de cassis pour un parfum masculin. Aussi, je cite Luca Turin qui dit à son propos : "très sensé, au contraire". 
Tout est dit. 
Un vrai rayon de soleil, loin des poncifs des parfums masculins de son époque.
A emporter lors de votre weekend dans les châteaux de la Loire.

Kingdom - Alexander McQueen (2003)
Une audace, un OPNI dans le paysage olfactif. 
Pour un premier jus de designer il fallait créer un parfum "buzz" à la personnalité marquée et au sillage...inhabituel. La star du parfum est le cumin, ici habillé de santal crémeux, de fleurs blanches et de muscs poudrés. L'edp est dans la lignée de NU de Saint Laurent: dénuée de genre et totalement frénétique.
Pour celles et ceux qui ne trouvent pas que le cumin peut évoquer le fumet des aisselles ou cette autre partie de l'anatomie qui ne voit pas le soleil.
Sublime flacon.
Omnia - Bvlgari (2003) ♥
Un flot de muscs blancs posés sur un boisé immatériel (+ essences de cèdre et vétiver) et des épices empruntés à l'accord Massala dont la muscade, la cardamome et le cumin. 
Une nouvelle façon de porter un parfum "Musc" si on aime White Musc, Mûre et Musc, L'été en douce, Clair de Musc, etc.
Gloria - Cacharel (2002)
Un oriental doux chez Cacharel. 
Patchouly, santal, benjoin caramélisé, note de prune rosée et confite + baie rose n'ont vraisemblablement pas su séduire la cible de la marque.
Lui - Rochas (2004)
Une étonnante note boisée-orangée au départ végétal très vert (galbanum-géranium) et hespéridé  (bergamote, néroli) sur un final patchouly et mousse de synthèse. Très intéressant quand il se déploit sur la peau.
Il fait malheureusement parti de la longue liste des flops de la marque (Aquaman-Aquawoman, Lumière, Alchimie, Rochas Absolu, Désir, Soleil...)
Stella In Two Peony - Stella Mc Cartney (2006)
Dans la lignée de la note rosée humide et musquée de son premier parfum "Stella" cette nouvelle EDT explore une facette plus végétale de vert de muguet et de jasmin discret.
Le résultat est une écriture moderne et ozonique, florale, pas vraiment "whaou" mais sympa si on veut sentir le propre.
Une alternative à Pleasures, Ralph Lauren Romance, etc.

Jaïpur - Boucheron (1994)
Ambiance festive et fruitée pour le deuxième féminin de la marque.
Un départ vert pétillant de rhubarbe avive un coeur de violettes moelleuses et liquoreuses avant un sillage boisé cédré doux intensément musqué.

Vu le nom on aurait pu s'attendre à un oriental épicé lacté, par exemple.

Jaïpur  se place auprès de Trésor, Champagne ou Deci-Delà de Nina Ricci et leurs duos pêche-framboise savoureuses et confortables.
Subliminesque flacon bracelet, un collector.


*Presque tous ces parfums ne sont plus commercialisés. 
On les trouve, par chance, sur certains sites de vente en ligne à des prix (parfois) intéressants.